Varanasi le cœur de l’univers hindou

Ce matin nous prenons un vol à 8h pour rejoindre Varanasi connue également sous le nom de Bénarès à 1000 km de Delhi.
Une fois arrivés, nous entamons notre route vers l’hôtel, et nous comprenons très vite que les 6km qui nous en sépare ne se feront pas en 5 mn. La circulation est extrême, les Tuk tuk, Rick Shaw, voitures, vendeurs et la population se mélangent de façons insensées. Aucune règle de conduite, aucun feu rouge, et seulement quelques agents de police à organiser ce joyeux bazar.

Le fond sonore est impressionnant, nous semblons les seuls interloqués, de nombreux enfants dorment paisiblement dans les bras de leurs mamans qui tente de se frayer un chemin au milieu de tout ça.

Arrivés à l’hôtel la vue est à couper le souffle. Le fleuve sacré appelé « GANGA » ici, Gange chez nous, est face à nous. Les couleurs des saris, des constructions, temples et du reflet du soleil sur le fleuve s’entremêlent et nous fascinent. Les couleurs changent toutes la journée au gré de la course du soleil. Nous ressentons immédiatement que nous allons être plonger dans une grande spiritualité durant ces quelques jours.

Varanasi est l’une des 7 villes saintes pour les Hindouistes. Les pèlerins affluent par milliers pour prier, prendre un bain sacré, laver leurs pêchés ou incinérer leurs défunts.

Cette ville est un véritable enchevêtrement de bâtiments tous différents les uns des autres. nous apprendrons plus tard que toute l'Inde vient pour les sépultures et c'est pour cela que l'on peut trouver à Bénarès toutes les influences architecturales de l'Inde.

Nous prenons une profonde inspiration et partons nous immerger. Rapidement, nous tombons sur les premières crémations. Un indien prend le temps de nous expliquer le sens de la vie, de la mort et des rituels qui sont pratiqués ici.

Il nous informe que le Gange est le fleuve le plus sacré. La croyance veut que celui qui sera immergé dans le fleuve sacré après sa mort, pourra atteindre directement le nirvana, sans avoir d’autre vie, sans que son âme se perde. Ainsi le cycle de la vie et de la mort est ininterrompu pour les hindouistes.

C’est pourquoi de nombreux indiens viennent mourir ici, ou demande à leur famille de les ramener après leur mort à Varanasi. Certains feront un long voyage pour cela. Pour ceux qui habitent trop loin les cendres seront dispersés ici en deuxième intension. Seuls les hommes ont droit d’assister à la crémation au bord du fleuve. On nous explique que les pleurs des femmes empêchent l’âme de partir en paix, elles restent donc entre elles à la maison.
Il ajoute que leur croyance veut que tous les morts ne peuvent être incinérés et certains sont directement jeter dans le Gange. Ce sont les bébés, les moines, les personnes mortes par une piqure de serpent, les femmes enceintes, et les lépreux.
A côté de la crémation nous trouvons un homme dans le Gange qui racle le sol afin de trouver les bijoux portés par les défunts lors de leur crémation. Il vient chercher l’or et l’argent.
Le lieu est entouré de bois, que la famille achète pour la crémation. Selon le bois choisi, vous paierez plus ou moins cher. Le plus précieux étant le bois de Santal.

Nous poursuivons notre promenade, et découvrons la vie du Gange. Les habitants utilisent le Gange pour se laver, nettoyer leur linge, et se purifier en faisant leurs ablutions. Les femmes habillées de Saris discutent sur les marches, les enfants jouent au cricket, les chiens errants par centaines dorment au soleil, les mendiants font l’aumône tout en plaisantant entre eux, les vaches se nourrissent des déchets, et les biquettes sautent sur les marches pour s’amuser.

Le spectacle est saisissant, c’est un extrait de vie très enrichissant, il suffit de se poser et de regarder pour en comprendre plus sur la vie en Inde. Il y a beaucoup de pauvreté c’est indiscutable, mais je ressens de la joie et je ressens une communauté forte.
Le bord du Gange est très bien entretenu, le reste de la ville est jonché de déchets et d’excréments de vache (et de tous les animaux présents ). Il faut réussir à faire abstractions de ce spectacle plus désolant. Et revenir à la beauté du lieu, avec la fête du fleuve célébré deux fois par jour, au lever et au coucher du soleil, avec une danse du feu et des chants.

Il faut le reconnaitre cette ville est aussi magique qu’oppressante.
Nous arrivons à récupérer de toutes ses sollicitations sonores et olfactives en nous réfugiant à l’hôtel quelques heures pour dormir, ou simplement lire, ou en faisant une pause dans un fameux restaurant du coin. Indispensable pour nous d’avoir ces espaces, pour se ressourcer et continuer d’apprécier le voyage.

Le dernier jour nous partons aux aurores pour une promenade sur le fleuve en barque. Cela ne fait aucun doute, c’est une expérience unique qui marque à jamais. La lumière est splendide, elles changent toutes les minutes, le spectacle des pèlerins tous à leur bain et Puja est remarquable. Nous profitons de cette ballade pour faire une offrande au Gange et réaliser un vœu pour les êtres qui nous sont chers.

Nous quittons Varanasi pour prendre un train de nuit pour rejoindre la célèbre ville d’Agra et son Taj Mahal. 13 heures de train nous attende… si comme le disent les indiens « You are lucky », car ici le train est soit annulé, soit très en retard ( 4, 5, voir 10H !!! ).

Erwan et Sophie

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