Nusa Penida

Nous arrivons par un vol de nuit sur Bali.
L’heure tardive nous impose  de faire halte dans un petit hôtel à Denpasar la capitale indonésienne, histoire de pouvoir finir la nuit avant d’aller à notre première destination.
  Avant cela il faut négocier fermement un taxi qui nous y emmènera de l’aéroport. La première offre nous est faite à 450 000 Roupies soit 30 euros. Une belle arnaque ! Nous finirons par payer la moitié après 10mn de marchandage et surtout après être parti 100 mètres plus loin. Nous apprendrons plus tard que le juste prix est de 150 000 roupies. Attention, il y a la mafia des taxis à Bali. Préférez voyager avec la compagnie Blue Bird, la seule officielle et pratiquant des tarifs raisonnables.
  Les différents guides que nous consultons nous informent qu’il n’y a pas grand chose à faire dans la capitale. Nous partons donc dès le lendemain matin vers l’île de Nusa Penida à 1h00 en bateau de la petite ville de Sanur, elle même située à 30mn de Dempasar.
Nusa Penida est une île largement ignorée des touristes, contrairement à sa voisine Nusa Lembogan. « C’est une île qui permet de découvrir à quoi ressemblait Bali avant l’avènement des touristes »: c’est ce que nous annonce le Lonely Planet. Il n’en faut pas plus pour nous convaincre. Nusa Penida compte 50 000 habitants majoritairement Hindous. La langue ici, est une ancienne forme de balinais que l’on ne parle plus à Bali.

Le premier bateau part de Sanur à 10 H et le suivant à 16H. Avec un peu de chance et si les touristes sont nombreux vous aurez un départ plus tôt vers 15H. N’étant pas bien informé, nous devons attendre 4h sur place. Ce qui n’est pas vraiment un problème car il y a à proximité de nombreux restaurants et une petite plage sans prétention, pour se baigner.
Compter 350 000 roupies pour un aller retour par personne sur Nusa Penida avec un « fast boat ». Le trajet dure 45mn. Encore une fois les prix ne sont pas affichés et donc à la tête du client. Insister pour que les enfants ne payent pas afin de réduire la note.
Après avoir été brassé par la houle (attention à ceux qui souffrent des transports c’est un peu sport) nous arrivons sur l’île. Il faut encore négocier un taxi pour rejoindre notre Hôtel. 125 000 roupies pour 15mn de voiture nous n’aurons pas mieux !! N’hésitez pas à demander à votre hôtel de venir vous chercher c’est ainsi qu’il faut procéder. Encore une fois nous le comprenons que trop tard.

Nusa Penida et la culture d'algues marines

Je pensais arriver sur une île propice à la baignade, et aux plages paradisiaques, je me suis trompée. Nusa Penida n'est pas un lieu de baignade car ici la culture des algues envahie la côte. Ce qui frappe en arrivant c'est ces milliers de bambous plantés dans la mer, formant une mosaïque sombre à l'horizon, où pousse des algues vertes sur des fils tendus.
  Ces algues sont revendues pour quelques centimes d’euro le kilo, partout dans le monde afin de servirent dans les cosmétiques comme liant naturel ou dans l'agroalimentaire comme épaississant pour les produits laitiers et les glaces.
  Le travail semble dur. Toute la journée nous croisons des paniers remontés de la plage posés sur la tête des porteurs hommes ou femmes. Ensuite les algues sont triées puis déposées au bord de la route sur des bâches pour sécher.
Dès que l'on se promène en scooter on remarque l'odeur qui émane des algues qui sèchent sur le bas côté. Cela peut être un peu incommodant au début, car un peu âcre. Mais rapidement cela fait parti du cadre.
Il faut compter environ 45 jours pour récolter de nouvelles pousses. C'est donc un travail assez rentable selon les habitants. 

Au programme
  • Le premier jour : baignade et farniente   Nous partons à la découverte de l’île en scooter. Nous suivons l’Ouest pour rejoindre la plage de Cristal Bay, une des plus belles de l’île. Son sable noir et les nombreux cocotiers lui donne un charme particulier. Nous y passons une bonne partie de la journée entre baignade et petit restaurant.

La nourriture à Bali est très agréable. Nous dégustons du poisson frais (thon), et du Cap Cay, une sorte de soupe avec de nombreux légumes et du riz extrêmement bien assaisonné. C’est un délice et très bon marché. Nous allons encore nous faire plaisirs pour les trois semaines qui vont suivre.
Le bon côté à Bali c’est qu’on sait que tout est frais. Le problème de cela, c’est que tout est cuisiné à la dernière minute. Du coup, on attend une éternité notre repas. Souvent 1h00. Même pour toaster trois pains de mie au petit déjeuner. La plus part du temps, l’hôte préfère s’asseoir à votre table et discuter avant de vous servir. Vous prendrez vite l’habitude d’aller vous servir vous même dans le frigo, c’est la coutume ici. Les balinais ont un sens de l’hospitalité très développé, et sont très charmants. Nous retrouvons ici un peu de Thaïlande, avec leur sourire franc. Pas d’autre choix que de se nourrir chez l’habitant car les supérettes sont très peu nombreuses et on y trouve difficilement l’essentiel. Après 4 jours nous n’avons pas trouvé de fruit, de pain… On ne doit pas être très doué !!
  Ici la vie est simple, nous croisons sur la route les enfants qui rentrent de l’école, les hommes allongés à l’ombre à discuter sous des petites cabanes en bambous, et des femmes âgées qui portent de lourdes charges sur leur tête. Nous y prenons un rythme détendu, et paisible.

  • Le deuxième jour : un brin de spiritualité

Nous partons visiter le temple de Karangsari. 6 km avant le petit village de Sama, nous arrivons au pied des marches. Nous louons un sarong et nouons une ceinture à notre taille pour chasser les mauvais esprits. C’est parti pour une centaine de marches avant d’arriver devant un petit trou qui donne accès au temple. Après avoir rampé sur 5 mètres nous découvrons une grotte calcaire de plus de 15 m de haut sur plus de 200 m de long. Le lieu est épatant car impossible de deviner qu’un si petit trou vous donnera les clefs d’un spectacle si grandiose. La veille a eu lieu la fête de la magie noire. Reste donc des odeurs d’encens, et quelques offrandes posées sur les hôtels.
Les balinais viennent ici pour prier. Par chance une famille accepte que nous participions au rituel avec eux. Nous écoutons les paroles d’un érudit, les mains jointes sur notre front et à chaque sonnerie de cloche nous rajoutons une fleur sur nos cheveux. Ensuite nous sommes aspergés 3 fois sur la tête, puis 3 fois dans nos mains, et devons en boire l’eau. Enfin, du riz trempé est collé sur notre front, et sur notre torse. Un très beau moment en famille, et un grand merci à ces personnes de nous avoir accueilli avec simplicité dans leur intimité. 

  • Le troisième jour : On the fucking Road Again

Le réseau routier est très chaotique sur l’île. Après deux jours de scooter j’ai le dos en miette. Les routes sont explosées, et nous devons zigzaguer entre chaque trou. De plus la conduite est à gauche ce qui ne facilite pas la tâche car notre cerveau doit sans cesse réfléchir à la moindre intersection.
Nous trouvons donc un guide qui accepte de nous emmener dans sa voiture pour une ballade de quelques heures moyennant 350 000 roupies. Il nous fait découvrir la magnifique plage nommée Uta Beach. Pour y parvenir nous longeons la mer à l’Est puis empruntons un petit chemin qui mène à un village perdu au bout de l’île. Je me demande comment les locaux font pour venir jusqu’ici. C’est très chaotique.
Une fois arrivée nous devons marcher pendant 30 minutes sous un soleil écrasant pour descendre jusqu’à la plage. Nous ne croisons personne. Pas étonnant vu la difficulté de l’accès. Le résultat est somptueux. Mais la plage est malheureusement très dangereuse pour la baignade. Les vagues sont d’une force inouïe. Nous tenons Côme et juju à deux mains qui se font littéralement emporter par les flots alors qu’ils n’ont de l’eau qu’à mi mollet. Il y a trois jours une femme et son enfant habitant l’île sont décédés emportés par la mer, nous précise notre Guide Kadek. Il faut donc être raisonnable et apprécier plutôt le spectacle sur le sable. 

Saviez-vous qu’à Bali les prénoms des enfants sont donnés selon l'ordre de naissance de la fratrie? Ainsi, chaque premier enfant s’appellera Wayan ou Putu, le second Made ou Kadek, le troisième Nyoman ou Komang, le quatrième Ketut et le cinquième portera le nom du premier enfant.
Vous trouverez donc des Kadek à tous les coins de rue. Notre guide nous explique qu’il porte le même nom que sa femme, car les prénoms sont mixtes et celui de son père. Pour qu’ils s’y retrouvent, notamment pour l’administration, ils portent tous un deuxième prénom. Et pour différencier les deux sexes ils écrivent devant « ni si » pour une fille et « i » pour un garçon.
Il est important pour les balinais d’avoir un fils, car ce dernier prendra la responsabilité de son père aux yeux de la société dès qu’il sera marié. Kadek nous explique que ce jour là le père peut trouver repos et se décharger sur son fils aîné. Si l’homme n’a pas de fils, il sera délesté de ses responsabilités à 60 ans. C’est du coup en partie pour cette raison que les hommes font des enfants assez jeunes.
  Durant le trajet retour, je constate encore avec effroi les tonnes de déchets laissés sur le bord de la route et au abord des temples. Bali propose des paysages fabuleux, mais notre regard est vite terrassé par les déchetteries à ciel ouvert. La mer en ramène une grande partie. Mais le plus affligeant c’est ceux que vous trouvez dans les villages ou en bord de route, qui sont clairement de la responsabilité des locaux, et bien sur des touristes, pour autant en minorité vu la fréquentation de l’île. Lorsque nous questionnons les habitants sur le sujet, ils semblent complètement inconscients de l’impact sur l’environnement mais aussi de l’image qu’ils renvoient de leur pays. Nous obtenons des réponses farfelues comme «  c’est parce qu’il a beaucoup plu hier », «  oui c’est comme ça ». Ils ne voient pas le déchet comme quelques choses de sale. Certains s’installent même dessus pour prendre leur déjeuner. L’un d’eux nous explique qu’ils jettent les plastiques et autres emballages, comme ils jetaient les peaux de banane il y a 100 ans. A croire que personne ne leur a expliqué comment traiter les déchets. Car le plus dramatique dans cela, c’est que lorsqu’ils nettoient un peu, ils font ensuite brûler ce qu’ils ont ramassé. Je suis bien triste de ce que l’avenir propose à mes enfants. De quoi seront faits les paysages d’ici 20 ans ?

Durant notre séjour une cérémonie se prépare.
Un moment très important pour les balinais. La veille toutes les familles préparent les temples et de nombreuses offrandes pour le jour J. Les femmes fabriquent ainsi des petits paniers en bambous qui serviront à y déposer des fleurs et de l’encens.

D’autres s’entraînent à danser dans les temples. Les plus beaux sarongs, ou habits traditionnels, sont à sécher sur le bord de la route. 

La cérémonie débute le 8 juin et dure 1 mois. De nombreux Balinais se déplacent sur l’île pour y assister. Nous devons malheureusement partir, car n’étant pas informé tous les hôtels sont pleins et il nous reste tellement de choses à découvrir.
  Départ donc pour Ubud, petit village d'artistes à 30 km au Nord de Sanur.  

Erwan et Sophie

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